R&R asie 2012

Bilan

Bonjour à tous.

Certains d'entre vous reviendront peut-être nous lire. Vous aurez alors ce dernier volet d'un voyage qui nous a marqués, Réal et moi. Depuis quelques jours que nous sommes revenus, nous essayons de décanter les choses, d'assimiler les axpériences vécues.

 

Ça aura été un maudit beau voyage. On en garde des images fulgurantes, des souvenirs inoubliables.

 

Comme prévu, le voyage de retour a été éprouvant. Trente-six heures d'errance d'un aéroport à l'autre. Jusqu'à un atterrissage en catastrophe dans la tempête, à l'aéroport de Québec lundi soir. J'ai cru mourir de peur, mais nous sommes arrivés sains et saufs dans notre chez-nous. Je termine avec deux photos que j'ai prises le premier matin de notre arrivée à Deschambault. De quoi se demander ce qui nous prend d'aller si loin quand c'est si beau dans notre cour...

Lever du jour, Deschambault

 

Le froid de l'hiver, Deschambault

Merci de nous avoir suivis durant ce voyage.

 

R&R

 



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Publié à 21:26, le 4/03/2012, Deschambault
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La boucle est bouclée...

Bon dimanche à vous tous.

 

Eh oui ! Nous voilà revenus au point de départ de notre virée en Asie, Kuala Lumpur. Dans le même hôtel somptueux qu’on avait réservé avant de partir. On va y passer une nuit qu’on espère longue et sans rêves avant d’attaquer la journée de demain, celle de tous les déplacements et de tous les inconforts. Vous dire comme on aimerait voler dans l’Enterprise de Star Treck et pouvoir se téléporter direct, direct, directement au bord du fleuve, à Deschambault, vous pouvez pas savoir. Mais bon.

 

Donc, demain on amorce le trajet à rebours, celui que nous ramènera à notre fleuve, à Babine, Baboune, Betty, et à vous tous aussi. On a fait un voyage extraordinaire qui va nous laisser des souvenirs tenaces.

 

Je sais, on ne vous a donné aucune nouvelle depuis Battambang. À Angkor, nous sommes tombés dans un univers unique, tellement chargé d’histoire et de symboles qu’on ne s’en remet pas encore. Ça n’explique pourtant pas notre silence. La vérité, c’est que le wi-fi était à chier et qu’il faisait TELLEMENT CHAUD qu’on n’arrivait pas à prendre le dessus. J’arrivais à écrire le texte du blogue, mais quand venait le temps de télécharger les images, le courage me manquait. Pas de farces, je n’ai jamais autant souffert de la chaleur que dans cet endroit, par ailleurs magnifique et incontournable.

 

Donc demain, on s’embarque à 23h59 pour Amsterdam. Là-bas, une attente de sept heures avant de prendre le vol pour Toronto, où nous arriverons vers 15h. Attente jusqu’à 17h30 avant de flyer vers Québec. Si vous additionnez à ça les 13 heures de décalage, le temps de voyage compte plus de 36 heures entre notre départ d’ici et notre arrivée à Québec. Misère! On va offrir nos souffrances au bon Dieu.

 

Mais voici le texte et les photos d’Angkor. Un grand moment dans nos vies.

Angkor wat, à l'aube 

 

Angkor, 23 février

 

Bonjour à tous,

 

Là, il est 15h et Réal et moi sommes venus nous réfugier dans la chambre d’hôtel, le seul endroit frais de notre planète. Depuis qu’on est au Cambodge, chaque jour est un peu plus chaud que le précédent. À 14h, il devait faire 37 degrés à l’ombre. La chaleur est accablante l’après-midi. Donc, on vient méditer dans la chambre jusqu’à l’heure de l’apéro. On a pris l’habitude de partir en excursion pour visiter le site d’Angkor à 7h le matin. Après dîner, se promener dans ces pierres brûlantes devient un exercice périlleux à nos âges, surtout qu’il faut éviter les troupeaux de Coréennes qui ne peuvent pas nous voir isolées qu’elles sont derrière leur kodak. On regarde la météo de Québec et on s’imagine obligés de se mettre une petite laine… ça nous fait du bien.

 

Voici une couple de photos de notre premier jour de visite.

Temple Beng Mealea, Angkor, Cambodge

 

 

Groupe de Roluos, Angkor, Cambodge

 

La ville de Siem Reap, à 7 km d’Angkor wat, le temple principal, est très agréable. Très touristique, mais remplie de terrasses et de bons petits restos. Et, cerise sur le sundae, il y a des bons vins, pas du tout chers, sans parler des Cambodgiens qui continuent à nous séduire avec leur gentillesse et leurs sourires. On ne peut pas imaginer, quand on est ici, que ce pays, jusqu’en 1993 (et sporadiquement jusqu'en 2003), était en guerre. On a passé la journée d'hier avec une guide extraordinaire, née en 1986, avec qui on a beaucoup parlé, entre les visites de temples, de la période des Khmers rouges. Un échange instructif et émouvant. Cette génération, celle d’après l’horreur, veut savoir ce qui est arrivé, se faire raconter le grand bouleversement de 1975 (le propre grand-père de notre guide était à Phnom Penh quand la ville a été évacuée, il a survécu), mais elle veut surtout s’extirper de cette histoire récente pour plonger dans un avenir prometteur. Un beau moment du voyage que cette conversation.

 Angkor Vat, Angkor, Cambodge

 

Temple Angkor Thom, Angkor, Cambodge

 

Temple Angkor Thom, Angkor, Cambodge

Angkor est un lieu mythique qui a fait rêver et continue de faire rêver tous les archéologues en herbe, les grands aventuriers de tous âges et les amateurs d’art ancien de toute la planète. Quand on plonge dans cet univers, on se prendrait facilement pour Indiana Jones ou Lara Croft. C’est d’ailleurs ici qu’on a tourné les scènes d’action où Angelica Jolie pourfendait tous les Tomb Raiders de ce monde.

Temple Ta Phrom, Angkor, Cambodge

 

Temple Ta Phrom, Angkor, Cambodge

 

Nous prenons grand plaisir à visiter ces lieux chargés d’histoire et de mystère. Ces temples, qui ont au-delà du religieux une fonction royale et symbolique importante, ont été érigés à partir du IXe siècle. Les principaux, donc les plus visités, ont été construits à l’apogée d’Angkor, au début du XIIe siècle. À ce moment, Angkor (qui, en langue khmère, signifie capitale) était la plus grande ville au monde (800 000 à 1 milion d’habitants). Cette société a connu son déclin au XIVe siècle, jusqu’à la disparition complète de la ville. Les temples sont alors tombés dans l’abandon, puis dans l’oubli pendant un bon siècle. La jungle a alors repris ses droits si bien que la très grande majorité des temples se sont retrouvés ensevelis sous la végétation. (Quelques temples qu’on a visités donnent une bonne idée de ce à quoi pouvait ressembler cet envahissement du minéral par le végétal.) Au XVIe siècle, un roi redécouvre la « cité magique » et entreprend un grand ménage pour y installer sa cour. On sait peu de choses sur le sort du lieu aux XVIIe et XVIIIe siècles, si ce n’est qu’il a continué d’être apprécié par les locaux. Au XIXe, plusieurs « explorateurs » rendent compte au reste du monde (surtout européen) de la splendeur du site. Certains se dévoueront corps et âme à sa protection et sa restauration.

 

Des archéologues français dans les années 1930 ont entrepris un vaste inventaire des œuvres d’art et des monuments d’Angkor. Beaucoup de temples avaient subi le passage du temps et les méfaits des pilleurs. Sous le régime de Pol Pot, les Khmers rouges et leurs supporteurs (essentiellement des paysans) ont occupé Angkor wat. Pour des raisons idéologiques, ils y ont détruit plusieurs symboles religieux, décapitant des bouddhas, récupérant la pierre de statues pour dresser des barricades. Mais c’est dans les années 80-90 que les pires dégâts sont survenus et ce ne sont pas les aveuglements militaires qui en sont responsables mais les pilleurs et marchands d’art qui soudoyaient les gardiens des temples plus éloignés pour qu’ils aillent prélever statues et bas-reliefs. Ces oeuvres étaient revendus à des prix faramineux aux collectionneurs américains ou européens (25 000 $ une figurine, 4 fois plus un bas-relief…). Mais depuis que le site est classé par l’Unesco, une coopération internationale est bien installée pour préserver, restaurer et entretenir ce site d’exception.

Réal et moi avons vu pas mal de choses dans nos vies, mais on est forcés d’admettre que cet endroit est l’un des plus impressionnants. Il y a quelque chose de surréaliste à se promener dans ces vestiges et à s’imaginer la splendeur des lieux à leur apogée. L’espèce de fusion entre certains temples et la végétation est aussi très impressionnante. Voici quelques photos.

Temple Ta Phrom, Angkor, Cambodge

 

Temple Ta Phrom, Angkor, Cambodge

 

Temple Ta Phrom, Angkor, Cambodge

 

Angkor, le 24 février

 

Ce matin, à sept heures, nous sommes montés dans notre taxi climatisé pour visiter le dernier temple de notre séjour. Il faisait 27 degrés. En sortant de la voiture, 45 minutes plus tard, nos lunettes se sont voilées de buée au contact de la moiteur de l’air… À 10h, il faisait déjà une chaleur difficile à supporter.

Cette dernière visite a néanmoins été magique. Banteay srei (la Citadelles des femmes son surnom, car on croit que la finesse des sculptures ne peut être que l'oeuvre de femmes...) est un temple unique, et nous l'avons vu dans une lumière surnaturelle. Un véritable chef d’œuvre de l’art khmer. Je vous épargne les détails de la mythologie hindoue illustrée dans ces bas-reliefs. Le lieu était époustouflant. Voyez par vous-mêmes.

Temple Banteay Srei, Angkor, Cambodge

 

Temple Banteay Srei, Angkor, Cambodge

 

Regardez les toiles d'araignées sur celle-ci...

Temple Banteay Srei, Angkor, Cambodge

 

 Voilà. Ce que je trouve dommage, en téléchargeant ces photos, c'est de constater qu'elle n'arrivent, en aucune façon, à rendre la grandeur de ces lieux. On va faire avec ça...

 

Bon ben là, on se couche. On a une gigantesque traversée devant nous demain, 36 heures en errance entre Kuala Lumpur et Québec. On ne sait pas dans quel état on va arriver, mais on est sûrs d'une chose, on rentrera le tête remplie d'images et de beaux souvenirs.

 

A bientôt,

 

R&R

 

 

  

  



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Publié à 19:51, le 25/02/2012, Kuala Lumpur
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Scènes de la vie cambodgienne

Bonjour à tous,

 

Dernière journée à Battambang, demain, on part pour Siem Reap (Angkor et ses temples). Une journée de balade en tuk-tuk pour voir les environs. J'ai eu grand plaisir à prendre quelques photos de la vie quotidienne du Cambodge. J'en partage quelques-unes avec vous.

D'abord, celle-ci, dans un bois, près d'un temple qu'on a visité. Il paraît que le pays est encore truffé de mines antipersonnel, cadeau de Pol Pot et ses acolytes. Je vous jure qu'on n'a vraiment pas envie de marcher un peu pour tester, pour voir si c'est vrai...

Danger de mines antipersonnel, Mattambang, Cambodge

En buvant une bière avec Réal, j'ai pris quelques photos de ce qui se passait sous nos yeux.

Le beau sourire, Battambang, Cambodge

L'heure du dîner, Battambang, Cambodge

La coupe de cheveux, Battambang, Cambodge

Battambang, Cambodge

Comme vous voyez, on a passé une journée belle, douce et tranquille. Une petite dernière.

Battambang, Cambodge

La semaine prochaine, à cette heure, nous serons en route pour l'aéroport de Kuala Lumpur pour rentrer au Québec. Déjà. Un voyage long et court à la fois.

On se retrouve pour le dernier droit du voyage à Angkor, dans une couple de jours.

R&R

 

 



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Publié à 18:03, le 19/02/2012, Battambang
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La légèreté de Battambang

Salut les amis,

D’entrée de jeu, je vous envoie une photo que je viens de prendre, là où on habite, à Battambang, ancienne capitale du Cambodge, loin des bruits de la ville. Un environnement plus-écolo-que-ça-tu-meurs, un bungalow confortable, une piscine écolo comme Réal voulait à Saint-Pacôme (y a changé d’idée vu l’entretien : un homme à temps plein ici !), un bon petit vin blanc à l’heure de l’apéro, avouez qu’y a pire.

Battambang. Hôtel Le Cabaret Vert 

Ça nous remet de nos grandes émotions de l'actuelle capitale cambodgienne. Hier, sur la route entre Phnom Penh et ici, un trajet de six heures, on n’a pu s’empêcher, Réal et moi, de se dire que c’était, entre autres trajets, sûrement une route que les gens avaient dû faire à pied quand on les a chassés de leur maison. Le voyage en autobus a été une épopée. On n’a pas réservé avec la bonne compagnie d’autobus (par ma faute, par ma très grande faute…), si bien qu’on s’est retrouvés prisonniers de la run de lait des petits villages. Embarques-en un ici, débarques-en une autre là. Rentrez madame même si y a plus de place. Non, madame, pas avec vos poules… Misère!

Nous avons fait une pause pipi et une autre pour manger. Tout d'un coup, on n'avait plus faim... Mais y a toujours ben des maudits bouttes à manger n’importe quoi ! Vous n’avez pas idée de ce qu’on offrait (beaucoup de plats et de morceaux de chair que je ne pouvais même pas identifier), ça fait que, nous souvenant avec grande sagesse de notre gastro du début du voyage, on s’est résignés à s’acheter un sac de chips aromatisés au chicken wings et deux bières qu’on a sirotées en chemin.

Heureusement, nous sommes arrivés ici, dans ce bungalow. Il n’y en a que cinq, autour de la fameuse piscine écologique. Ça, c’est une piscine dont l’eau n’est pas claire claire, mais qui est propre propre… Allez comprendre! Réal vous expliquera. Il connaît tout ça et depuis des années, il en veut une à Saint-Pacôme. Les discussions à venir, j’vous dis pas…mais peut-être pas non plus, vu l'entretien.

Sans blagues, on est très bien tombés et on est traités comme des beaux poussins de 180 lb.

Aujourd’hui, on a fait une excursion en tuk-tuk. Le guide nous a emmenés dans tous les endroits des environs où les gens exercent un métier artisanal. Une rouleuse de cigarettes (pour vrai !), une fabrique de nouilles de riz, une fabrique d’encens, une distillerie de vin de riz (lire un alambic où ils se font un alcool de riz qui tire à trente degrés — quand même buvable, on nous l’a fait goûter — qui rougit les joues des Cambodgiennes et Cambodgiens), une fabricante de gâteaux de riz (c’est délicieux, pas de farces) qui cuisent sur la braise dans des tiges de bambou évidées. Bref, on s’est ouvert grand les yeux pour ne rien rater de quelque chose qu’on ne verra jamais plus. C’était extraordinairement agréable. Même si j’ai eu une petite défaillance quand on a visité le marché de poissons où ils préparent le poisson salé et la pâte de poisson et de riz qui sera servie... avec du riz !. Comme dirait notre ami Duceppe : « Qui c’est qu’c’est qu'c'est que vous pensez qui va manger une soupe de poisson d’ici la fin du voyage. C’est pas bibi, monsieur, c’est pas bibi.»

Bon, voilà les photos du jour :

D'abord, la rouleuse de cigarettes. Elle était extraordinairement vive et drôle. Pas de farces, on a ri ensemble, même si on ne se comprenait pas. Elle fait ça depuis trente-six ans, le roulage, et quand je lui ai demandé si elle fumait, elle m'a regardé dans les yeux, a taponné une grosse boule de tabac foncé (le plus fort des six catégories), s'en est frotté la gencive du haut et a appuyé fermement sur la boule pour bien l'installer entre la lèvre supérieure et la gencive, et, en passant, faire sortir le plus de jus de tabac possible dans sa bouche. Puis, elle s'est roulée une belle feuille de bétel (ceux qui ne connaissent pas, allez sur wikipedia, c'est fort consommé en Asie), l'a badigeonnée de la résine qu'il faut, a ajouté les épices (du clou ou de la cannelle) pour installer ça dans l'autre coin de sa bouche. Elle nous a alors fait un large sourire : le bonheur accroupi. Voici la photo.

Rouleuse de cigarettes, Battambang

La voici trônant dans sa boutique où elle fabrique 15 000 cigarettes par jour. Un beau moment du voyage. (Elle a pris soin d'enlever son chapeau quand elle a su qu'on voulait la poser...) Une femme adorable !

La rouleuse de cogarettes dans sa boutique, Battambang Cambodge.

De là, le guide nous a emmenés à la fabrique de nouilles de riz. Une technique qui date de 1,500 ans, rien de moins. En visitant les lieux, je n'ai pu m'empêcher de penser à nos deux chums de Troi-Rivières, Louis et Yves, qui auraient éblouis par ce système : une seule source d'énergie, un petit moteur, et de là, de nombreuses courroies de toutes les largeurs qui mettent l'usine en marche. De toute beauté. Ils font des montagnes de nouilles qui sont mangées dans la journée.

Fabrication des nouilles de riz. Battambang, Cambodge

Regardez ici comment l'homme s'assied sur le levier pour écraser et façonner les nouilles.

Fabrication des nouilles de riz, Battmbang

Et la petite dernère de l'usine  nouilles. Elle attendait les nouilles pour les envelopper dans des feuilles de bananier. Elle était grosse comme une grosse crevette (elle devait peser 42 lb habillée), mais était vivace et souriante. Pour ceux qui pourraient croire qu'on était des méchants touristes venus capter en image la misère des pauvres, détrompez-vous. Il n'y avait rien de ça. C'était simplissime. Personne n'était misérable. Ils n'arrêtaient même pas de faire leur travail pour s'occuper de nous et nous accueillaient comme si de rien n'était.

Fabrique de nouilles de riz, Battambang

En terminant, deux photos de la fabrique de gâteaux de riz. La madame en fabrique 120 par jours et n'a pas besoin de se déplacer pour les vendre. Les gens viennent les cueillir sur place. Et avec raison. C'est très très bon. Genre, un pouding au riz de la rue Maufils (désolé pour ceux qui ne me connaissent pas assez, mais c'est la rue de mon enfance en basse-ville de Québec), sans la crème et le sirop d'érable. Regardez bien la technique. Elle fourre des pousses de bambou évidée d'un mélange et riz, sucre, lait de coco et fèves noires, et elle fait griller le bambou sur des braises. Quand c'est fini, à la machette, elle épluche le bambou jusqu' ce qu'il soit assez mince pour qu'on puisse ouvrir le tube comme une banane. Ne reste qu'à déguster le gâteau.

Cuisson du gâteau de riz, Battambang. Cambodge

Fabrication des gâteaux de riz, Battambang

Voilà. Je vous ai fait partager une part de notre journée. Un bien beau moment du voyage, comme je les aime. Les gens vrais, les choses simples, c'est ce qui m'a toujours attiré dans les voyages.

Raymond.

On vous revient pour le dernier droit de notre virée,  Angkor, un des berceaux de l'humanité.

R&R

 

 



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Publié à 22:11, le 18/02/2012, Battambang
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Journal du Cambodge

Arrivée à Phnom Penh

Nouveau départ, nouvel atterrissage dans une grande ville grouillante de vie. Le trajet de l’aéroport de Phnom Penh s’est fait dans le trafic de fin d’après-midi. C’était hallucinant de voir ces tuk-tuks, motos et bicyclettes se faufiler dans tous les sens au travers des voitures pour être plus vite à la maison. Même les piétons sur les trottoirs étaient en danger.

Rues de Phnom Penh 14 février

Le taxi nous a déposés dans un hôtel en plein centre-ville (le même que vous, P. Mô et S.C.). Un bel hôtel qui détonne un peu dans l’entourage bigarré et klaxonnant.

On se disait, Réal et moi, que c’est toujours le même choc à chaque fois qu’on change de pays. Du Québec, on a souvent l’impression que l’Asie forme un tout, que tout le monde mange du riz avec des baguettes (je simplifie, là, je le sais bien). Mais depuis qu’on est ici, on a l’impression de changer d’univers, de culture, de mentalité à chaque déplacement.

Donc, on sait encore peu de choses sur ce que nous réserve Phnom Penh et le Cambodge en général, mais si on se fie à notre soirée d’hier, ça augure plutôt bien. Voici une photo prise du balcon de notre hôtel.

Vue du balcon de l'hôtel, Pnohm Penh, Cambodge

Découverte de la ville.

On a beaucoup marché au deuxième jour à Phnom Penh, question de se repérer dans la ville et de prendre le pouls des gens et de la vie qui bat ici. C’est bruyant mais mollo. Les gens sont gentils, mais insistants dans leurs demandes aux touristes. Il y a plus de quêteux aussi. La misère est plus visible. On a visité le musée des beaux arts du Cambodge de même que le Palais Royal. C’est tout près de l’hôtel. Le musée était intéressant, le Palais Royal moins. Les œuvres exposées au musée vont de la période pré-angkorienne (avant le Xe siècle) jusqu’au XIXe siècle avec une insistance sur les XIIIe et XIVe siècle. Impressionnant ! Heureusement, nous avions une guide qui baragouinait le français.

Voici une photo d'un moine pris en fragrant délit d'exercice sensitif dans le jardin du Palais Royal.

Moine, jardin du Palais Royal, Phnom Penh, Cambodge

En voici une autre d'un curieux arbre du jardin. Ses fleurs poussent directement sur le tronc de l'arbre .

Fleurs sur un tronc d'arbre, Phnom Penh

Et regardez comme elles sont belles. On dirait des orchidées.

Fleur, Jardin du Palais Royal, Phnom Penh

Malgré ces beaux moments, Réal et moi sommes un peu fatigués des grandes villes. Ces derniers jours, on s’est tapé coup sur coup Yangon, Bangkok et Phnom Penh. Ça fait beaucoup!

Y’a aussi un passé récent qui pèse lourd ici, à Phnom Penh. Comme toujours, c’est sur place qu’on lit sur les endroits qu’on visite (on est incapables de se préparer des semaines à l’avance quand on voyage), et ce qu’on apprend sur l’histoire récente du Cambodge est bouleversant. Quand on est allés au Vietnam en 1997, on n’en revenait pas de la résilience des Vietnamiens après la guerre sanglante des années soixante--soixante-dix. Eh bien on a exactement le même sentiment ici. C’est incroyable de voir ces gens qui ont repris un cours de vie normal si peu de temps après que leur ville a été évacuée, leur pays mis à sac et leur tissu social complètement détricoté. Je ne peux plus voir un quêteux estropié sans penser à la mine antipersonnel sur laquelle il a marché.

Un petit cours d’histoire du prof Réal…

Colonie française puis pays indépendant en 1953, le Cambodge tombe à la fin des années 60 dans le maelström de la guerre américano-vietnamienne. Les forces impérialistes (Thaïlande, USA, Vietnam du Sud) s’opposent aux forces nationalistes et communistes, soviétiques et chinoises. Des villages aux frontières sont bombardés et détruits. Le mécontentement monte, la colère des Cambodgiens prend des proportions alarmantes. Le dirigeant du pays, Sihanouk, tombe, lui, dans l’impopularité et se fait renverser par son général d’armée (Lon Nol). Pendant un moment, Nol essaie de garder la maîtrise du gouvernail, mais la guérilla khmer rouge fait de plus en plus pression jusqu’à prendre Phnom Penh en 1975.

Et c’est là que ça se gâte. En deux jours, pas plus, en avril 1975 (un an avant qu’on se connaisse Raymond et moi), la ville de deux millions de personnes est vidée. Pensez-y. Les Khmers, accueillis en libérateurs par les habitants de la ville, font croire aux résidents qu’un bombardement américain est imminent. Ils rassemblent TOUS les habitants de la ville et les obligent à tout abandonner et à aller ailleurs. Un exode vers les campagnes (où tous seront assignés aux travaux forcés), durant lequel 400 000 personnes mourront (ils ont vidé les hôpitaux et ont mis sur la route grabataires et impotents… tant pis pour vous si vous êtes incapables de suivre). Ils ont embarqué médecins, professeurs, diplomates, ministres, banquiers, et même des étrangers qui ont eu l’épouvantable malchance de se retrouver dans un hôtel de Phnom Penh ce jour-là. Le pays prend le nom de Kampuchea démocratique (!!!) et la terreur s’installe. Une poignée d’hommes (5 ou 6)  impose un régime totalitaire ahurissant : plus d’intellectuels! Que la base, c’est-à-dire des paysans et des travailleurs sans éducation, les écoles sont fermées (l’éducation est un pourrissement des valeurs, une contamination occidentale), les symboles de bourgeoisie saccagés dans la ville déserte, les temples détruits ou sérieusement abîmés, les médecins abattus, le simple fait de porter des lunettes (que l’on soit adulte ou enfant !) crée des soupçons si forts qu’on soumet ces gens à la torture, aussi bien dire la mort. Le but affirmé : être le pays socialiste le plus rapidement mis sur pied. Et, ose-t-on dire, « s’il nous reste un million de jeunes pour bâtir le pays, c’est suffisant ! » Deux millions de Cambodgiens seront tués en moins de trois ans. Un autogénocide ! Dans un ancien lycée bâti par des Français on créera la pire prison de Phnom Penh. Au-delà de quinze mille personnes y seront torturées à mort. Nous y sommes allés aujourd’hui. Devoir de mémoire oblige. Voici une photo de ce qui peut sembler une simple cour d’école.

Musée du crime génocidaire, Phnom Penh

Mais lisez les règlements affichés à l’entrée…

Les règles de la torture, Musée du crime génocidaire...

Et la balançoire qui avait amusé tant d’enfants, elle a servi à quoi vous pensez ? On y attachait les hommes par les poignets dans le dos et on les suspendait jusqu’à ce qu’ils perdent conscience. Puis, on les redescendait et les plongeait tête première dans les bacs remplis d’une boue infecte pour les ranimer et on continuait le petit jeu.

La balançoire transformée en potence, Phnom Penh

Ce sont les Vietnamiens qui sont entrés au Cambodge en décembre 1978 et en ont chassé les Khmers rouges.

Ce qui dit tout, l’hymne national du Kampuchea démocratique (on l’a entendu chanté dans un documentaire qu’on a visionné lors de notre visite) :

Sang écarlate
Qui couvre les villes et les plaines,
Du Kampuchea, notre Patrie,
Sang sublime des ouvriers et des paysans,
Sang sublime des hommes et des femmes,
Combattants de la Révolution,
Sang devenu haine implacable,
Et lutte résolue,
Tu nous as libérés de l’esclavage,
Au jour glorieux du 17 avril,
Sous le drapeau de la Révolution,
Vive, vive le glorieux 17 avril !
Victoire glorieuse et plus grande encore,
Que celle de l’époque d’Angkor.
Nous sommes unis pour édifier
Un nouveau Kampuchéa et une nouvelle société, splendide et démocratique
Avec l’égalité et la justice
Appliquant fermement la ligne de l’indépendance, de la souveraineté et de l’autosuffisance.
Défendons résolument
Notre patrie, notre sol sacré
Et notre glorieuse Révolution.
Vive, vive, vive
Le nouveau Kampuchéa démocratique et prospère !
Brandissons bien haut avec détermination
Le drapeau rouge de la Révolution !
Bâtissons notre patrie !
Faisons-la avancer à grands bonds
Pour qu’elle soit plus glorieuse et plus merveilleuse que jamais.

C’est à frémir…

En 1997, Pol Pot, le maître d’œuvre, est arrêté, jugé et condamné à la prison à vie. Il meurt un an plus tard. L’histoire ne dit pas comment. Et tout n’est pas terminé. En 2010, Duch, le tortionnaire du lycée de Phnom Penh, a été condamné à 35 ans de prison. Avec les réductions de peine, l’octogénaire devrait écoper d’environ 19 ans de prison…

Voilà en très résumé un volet récent de la bêtise, de la cruauté, de l’innommable barbarie humaine. Rien n’est jamais fini à ce chapitre. Je pense à Khadafi, à Bashar  al Assad…

Merci prof Réal pour ce bel exposé. Vous devriez enseigner à l’université…

Bon ben c’est assez, je pense pour les choses heavy. Si on veut pas perdre nos milliers de lecteurs, on a intérêt à être plus divertissants.

Sans blague, ces premiers jours au Cambodge nous ont marqués, comme vous vous en rendez compte. Demain on part pour Battambang, une ville sur le bord d’un grand lac. Ça va être plus mollo. On a loué un bungalow pour quatre jours. On aimerait bien atterrir dans un endroit tranquille et lire et écrire. Il n’y a que cinq bungalows, une belle piscine (il fait 37 degrés à Phnom Penh, ça dit tout…) et il se pourrait bien que nous passions les prochains jours à s’épiler et à se couper les ongles d’orteil.

À bientôt.

R&R



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Publié à 23:11, le 16/02/2012, Phnom Penh
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Qui suis-je ?


Nous voilà partis pour une virée en Asie, du côté de la Malaisie d'abord. Arrivée à Kuala Lumpur et ensuite...mystère. On se laissera dériver au fil de l'aventure.

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